Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média mercredi 9 mars 2011.

Visite de Sarkozy : "Chacun doit faire des efforts"

8 Mars 2011


Voir en ligne : Mensuel de Rennes


Nicolas Sarkozy était face à 600 élus. En visite dans le Morbihan, à Josselin, ce mardi, le président de la République s’est notamment entretenu avec l’assemblée des maires du département sur la réforme des collectivités territoriales.
« Arrivée imminente… Arrivée imminente… », souffle un homme de la sécurité dans son micro-oreillette. Il est 11 h 49 ce mardi. Le président de la République débarque. Dans le petit hall l’accueillent notamment Jean-Yves Le Drian, président de la Région, et François Goulard, député-maire de Vannes. Nicolas Sarkozy a fait escale dans le Morbihan le temps d’une « petite visite ». Après avoir visité l’usine FenètréA, à Beignon, et discuté avec les salariés, le président a rendez-vous avec près de 600 élus morbihannais, réunis lors de l’assemblée des maires du département. Nicolas Sarkozy est attendu au tournant. La fameuse réforme des collectivités territoriales en préparation, débattue, critiquée, voire décriée, se trouve notamment au programme. Sept élus, de gauche comme de droite, ont prévu d’alimenter « cette rencontre républicaine », dixit Sarkozy himself. Discuter, débattre, oui, mais selon un planning rigoureusement établi déjà depuis plusieurs jours.

« Quelle est votre plus grande richesse en Bretagne ? »

Dans le collimateur également, le nombre de règlementations, de normes et de strates administratives auxquelles les édiles font de plus en plus face chaque jour. D’entrée de jeu, le président de l’Assemblée départementale des maires du Morbihan met les pieds dedans. « Ça fait quarante ans que je suis élu et quarante aussi que je vois les mesures s’entasser, dont la loi littoral, témoigne Jacques Le Nay. Comment expliquer qu’une zone d’activité ne peut se faire car elle se situe à 10 km du bord de mer ! »

Petit sourire en coin du président Sarkozy. « Je sais que cette loi a beaucoup de défauts. Mais enfin… Quelle est votre plus grande richesse en Bretagne ? C’est le littoral. Vous ne voulez pas devenir comme ces départements au territoire mité. Quelques aménagements sont possibles dans cette loi. Mais à en sacrifier le paysage. Jamais… jamais… jamais ! Ne passons pas d’un excès à l’autre. »

« Geler les dotations aux collectivités »

Jean-Luc Bléher, maire et président du pays de Guer, est le premier à ouvrir le bal sur un sujet fâcheux : la réduction des dotations de l’Etat aux collectivités. « En 2009, l’Etat a perdu 22% de recette, d’un coup, en raison de la crise financière. Mais vous avez touché au centime près ce que vous aviez touché en dotation l’année précédente », explique Nicolas Sarkozy. « Avec le premier ministre, nous avons décidé de geler les dotations. Pourquoi ? Vous voyez ce qui s’est passé en Grèce, en Irlande ? Vous voulez la même chose pour la France ? J’ai été élu pour ça ? Non. Si on veut diminuer le déficit, il faut geler les dotations. Chacun doit faire des efforts. »

« Personne ne comprend plus rien à l’organisation de la France »

Comme un refrain dans une chanson, la réforme territoriale est revenue plusieurs fois sur le tapis. « Je fais de la politique depuis 35 ans. J’ai connu tous les mandats. J’ai eu des hauts, des bas. J’ai réussi tout de même mais qu’est-ce que je me suis dit ? Personne ne comprend plus rien à l’organisation de la France. Commune, région, Etat… » Trop de strates existent pour le président. Lui désire une « simplification » du système pour une « meilleure lisibilité ». La réforme prévoit ainsi de réduire de 40% le nombre d’élus. « Des gens risquent de ne pas trouver leur place et ne seront pas contents. C’est vrai. Mais vous pensez qu’on aurait mieux fait de faire le contraire, d’augmenter de 40% le nombre d’élus ? »

« Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Je ne le crois pas »

Sénatrice morbihannaise, Odette Herviaux émet, elle, des réserves. « Avec la réforme des collectivités, ne va-t-on pas assister à la fin de toute décentralisation ? » « Qui comprend aujourd’hui l’organisation ? », rétorque Nicolas Sarkozy. « Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Je ne le crois pas. » A ce jeu de la simplification, le Morbihan serait toutefois parmi les bons élèves selon le président. « Vous avez réduit de 28% en cinq ans le nombre de syndicats intercommunaux. Il en reste encore 78. Il y a de la marge. »

Réunification bretonne

La dernière question, « la plus facile pour terminer », s’est amusé Nicolas Sarkozy, est signée Nelly Fruchard, maire de Plescop. « En 41, Vichy séparait la Loire-Atlantique de la Bretagne. Aujourd’hui, vous avez toutes les cartes en main pour répondre aux aspirations des Bretons et Bretonnes. » Réponse mode « Réforme térritoriale », sans surprise de la part du président de la République. « Dans cette réforme figure un article qui permet à un département, par délibération, de modifier ses limites territoriales et de lancer une consultation auprès de la population. Nous avons fait en sorte que vous ayez les clés en main. Ce n’est quand même pas au président de la République de vous dire que Nantes, c’est la Bretagne ! »