Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito avril 2006.

Une politique pour le maintien d’une agriculture à dimension familiale performante et respectueuse de l’environnement.

Plus que jamais, l’agriculture bretonne est aujourd’hui en proie au doute. Les récentes négociations de l’O.M.C, à Hong-Kong, laissent présager une élimination probable des restitutions d’ici 2013 et une évolution des droits de douane.

Sur le plan national, la nouvelle loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006 dessine les contours, pour l’avenir, d’une agriculture résolument industrielle, le budget de l’Etat, en la matière, est jugé insatisfaisant par nombre de professionnels et apporte son lot de gels de crédits.
L’application française de la réforme de Luxembourg et le refus de la régionalisation des aides PAC fragilise certaines productions bretonnes peu ou pas soutenues. La mise en place des DPU pénalise les agricultures sous cahiers des charges spécifiques comme les systèmes herbagers et les productions biologiques.

Depuis plusieurs mois, la filière laitière traverse une crise extrêmement grave, qui se traduit par nombre de restructurations, dépôts de bilan et mises en liquidation judiciaire.

Enfin, les conséquences de la grippe aviaire sont d’ores et déjà très importantes et ont des effets immédiats pour l’ensemble de cette filière par un effet de domino, ainsi que l’atteste dès à présent l’annonce par de nombreuses entreprises de mesures de chômage partiel et les difficultés de trésoreries des éleveurs.

C’est dans ce contexte troublé et préoccupant que le Conseil régional travaille sur ses priorités dans le cadre de ses responsabilités et les contraintes de son budget.

Les réponses aux enjeux futurs sont d’une grande complexité et sont d’ordre collectif. Le changement ne peut se décider, il faut qu’il soit accepté. Le Conseil régional élabore de nombreux contrats d’objectifs permettant de pérenniser des actions sur des orientations politiques.

La priorité pour l’avenir agricole breton est de maintenir un nombre important d’installations en agriculture. En effet, la Bretagne reste encore une terre d’installations nombreuses et diverses. Des nouvelles formes d’installations sur des projets divers voient le jour et ont besoin d’être reconnus et mieux soutenus. En 2005 un groupe de travail réunissant les différents acteurs de l’installation a permis de faire un premier bilan. La Région dés le budget 2006 a prévu des évolutions dans l’accompagnement des installations. L’objectif est de refondre la totalité du dispositif en 2007 pour justement mieux prendre en compte la multiplicité des projets d’installations.

De même, le soutien de la Région aux démarches de qualité a permis de fédérer les différents signes officiels sous signe de qualité au sein d’une même association régionale. Ainsi réunis les différents acteurs peuvent échanger et valoriser la dimension régionale de nos produits. La Région soutient toutes les initiatives en cours visant à accroître nos productions sous signe de qualité. A ce titre, les soutiens à la filière biologique ont été augmentés aussi bien au niveau des structures que des producteurs. En 2005, la Région a participé aux financements des différentes certifications exigées par le cahier des charges de l’agriculture biologique. En 2006, le dispositif sera amélioré et amplifié puisque le Conseil régional souhaite utiliser toutes les possibilités de co-financements pour aider les productions durement pénalisées par le mode de calcul des DPU (droit paiement unique) que ce soit les systèmes herbagers ou bien la filière biologique. Cette logique d’actions se fera en concertation avec une redéfinition de la politique régionale pour la reconquête de la qualité de l’eau.

La mise en place de la nouvelle politique territoriale de la Région pourra aussi participer à la diversification nécessaire de l’activité agricole. Penser l’agriculture comme une activité économique au sein des territoires, penser le développement de l’agriculture au travers des projets de Pays. Au même titre que l’artisanat, le tourisme ou la culture, l’agriculture est un facteur de développement et d’animation locale. Certains Pays ont inscrits l’agriculture dans les priorités et vont décliner des projets d’actions. Le Conseil régional soutiendra toutes ces initiatives qui peuvent permettre de penser autrement l’activité de production en agriculture, que ce soit les produits alimentaires au travers des circuits courts de commercialisation ou non alimentaires par la fabrication d’huile végétale pour une autonomie énergétique des exploitations.

Les effets de leviers existent, c’est dans cette logique que la Région appuie les initiatives pour préserver les intérêts de l’agriculture bretonne et être présent aux différents rendez vous que nous imposent le calendrier européen et nous demande les bretonnes et les bretons.