Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

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Un signal très préoccupant pour la pêche européenne

Mercredi 6 février 2013

Ce mercredi, le Parlement européen s’est prononcé en première lecture en
faveur du projet de réforme de la Politique Commune des Pêches (PCP).

Pour Isabelle THOMAS, Députée européenne, membre de la commission de
la pêche : « Ce texte aurait dû respecter l’équilibre entre le
nécessaire renouvellement de la ressource et la pérennité des activités
de pêche européenne qui participe de notre autonomie alimentaire. »

« Je regrette que le Rendement Maximal Durable (RMD), outil qui permet
de mesurer scientifiquement ce qui peut être pêché sans mettre en péril
le renouvellement de la ressource, ait subi une telle surenchère.
Pourquoi ne pas faire le choix de s’appuyer sur des données
scientifiquement établies ? Pourquoi aller « au delà » du RMD ? Alors
que l’Union Européenne ne dispose pas à ce jour de la moitié des données
sur ses stocks halieutiques, aucun calendrier de collecte des données ne
figure en revanche dans ce projet de réforme. Il n’y a pas de pêche
durable sans données scientifiques. L’avenir de la pêche ne peut se
faire sur de simples suppositions où le principe de précaution
deviendrait la norme. »

Alors que 65% de la consommation européenne des produits de la mer sont
importés, l’UE a la responsabilité de tout mettre en oeuvre pour
empêcher la délocalisation de notre capacité de production alimentaire.

Or, le débarquement obligatoire de tous les rejets risque de détruire
nos entreprises de pêche et les emplois les plus fragiles,
particulièrement les pêcheries multi spécifiques.

« Il y avait des solutions plus efficaces pour lutter contre les
rejets. La majorité du Parlement européen a choisi la plus inacceptable.
Inacceptable d’abord parce qu’elle légalise la commercialisation des
rejets transformés en farines animales, et parce que cette mesure ne
ressuscitera pas les poissons, un poisson mort reste mort, même
débarqué. Pour éliminer les rejets, je préconise la sélectivité des
engins, la modernisation des navires et de leurs technologies, les plans
de gestion. Telles sont mes propositions pour éliminer les rejets dans
le cadre d’une pêche durable. »

Toutefois, les débats ont permis des améliorations conséquentes. Les
concessions de pêche transférables, emblème de la privatisation des
droits de pêche, ont été abandonnées.

Cette étape, bien qu’essentielle, n’est pas la fin du processus
législatif. « Je reste mobilisée pour que les discussions qui vont
avoir lieu à l’occasion du trilogue continuent de faire évoluer
positivement cette réforme. »
Mais la mobilisation la plus importante
porte sur la nécessité de faire comprendre que la pêche est une activité
économique, faite par des hommes pour nourrir d’autres hommes, même si
elle doit pleinement intégrer les problématiques écologiques.