Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito jeudi 2 novembre 2006.

Un projet agricole cohérent

Depuis janvier 2005, la commission nationale agricole et rurale présidée par Germinal PEIRO a travaillé pour définir des axes nationaux sur les questions agricoles. L’opération n’est en soit pas évidente tant la France est riche de sa diversité agricole et parfois les ambitions différentes au sein des territoires.

En effet, même si les agriculteurs ne représentent que 4% de la population active ils représentent au terme d’emplois induits un pourcentage nettement plus important et la question agricole rurale est prépondérante dans plus de 100 circonscriptions en France dont plusieurs dans le Morbihan.
A l’heure où la campagne présidentielle va être le lieu d’un débat engageant l’avenir, nous avons tranché en faveur d’une agriculture, diversifiée, durable et performante.

Diversifiée, car il faut permettre aux différents types d’exploitations d’exister et d’avoir un projet de développement pérenne. La multifonctionnalité doit permettre de faire vivre et de rentabiliser l’action agricole. Cette diversité des agricultures est le fruit de l’histoire et d’une réalité géographique, les pouvoirs publics doivent favoriser cette coexistence et préserver les 500 000 exploitations existantes.

Durable, car il important aujourd’hui de préserver notre environnement. Il est de la responsabilité de tous les acteurs de partager cette volonté. Les agriculteurs intègrent déjà les nouvelles orientations de l’ écoconditionalité, il faut les encourager à continuer dans des pratiques respectueuses de l’environnement. Le développement d’une agriculture responsable est désormais acquis par la majorité de la profession et par la population. Il est judicieux d’orienter les soutiens vers ces types de pratiques en équilibrant et plafonnant les aides.

Enfin, une agriculture performante, c’est à dire une agriculture économiquement viable qui permet aux agriculteurs de vivre leur travail. La question de la rémunération du travail est au centre de l’action même du paysan. La France doit garder sa place de second exportateur agricole sans toutefois oublier nos obligations de solidarité.

Cette vision nationale du projet ne doit pas masquer les approches plus locales de l’agriculture. La Fédération du Morbihan a installé un groupe de travail sur l’agriculture. Des propositions et des amendements de ce groupe ont été débattus à la commission nationale. Qu’il s’agisse de l’accès au foncier, du besoin de redéfinir les aides à l’installation des jeunes, de la relance d’un véritable projet coopératif, de la révision des textes sur l’intégration des éleveurs, de la régionalisation et la mutualisation des aides européennes, il reste encore des sujets sur lesquels les socialistes Morbihannais comptent travailler.