Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média samedi 29 janvier 2011.

"Tara-Océans" : la "baleine" et ses soeurs de l’Antarctique

29/01/2011 10:55


Voir en ligne : La-croix.com


RIS (AFP) -
La goélette océanographique Tara vient de passer trois semaines en Antarctique, dans la poursuite de son expédition scientifique triennale "Tara-Océans", consacrée à l’étude de la biodiversité et des écosystèmes planctoniques dans les deux hémisphères.

La "baleine" - surnom donné par son équipage au deux mâts, en raison des formes généreuses de sa coque en aluminium, conçue pour résister aux pressions de la glace- a retrouvé, le temps de ce "leg" (étape), ses soeurs cétacés, nombreuses lors de l’été austral dans les eaux du continent glacé.

"C’est le garde-manger des baleines en bordure de banquise antarctique, avec une énorme production de krill (zooplancton), leur principale nourriture, en cette saison estivale correspondant au mois d’août dans l’hémisphère Nord", a expliqué à l’AFP, Hervé Le Goff, océanographe à bord de Tara.

Partie de Ushuaïa fin décembre, la goélette de 36 mètres avec ses marins et scientifiques, a croisé pendant près d’un mois autour de la péninsule Antarctique et en mer de Weddell, effectuant six stations de prélèvements planctoniques, ces micro-organismes marins à l’origine de la vie sur Terre qui constituent 98% de la biomasse des océans et produisent 50% de l’oxygène respirée.

L’étude de l’impact du changement climatique sur l’évolution de ce plancton -du grec "plagkton" (celui qui erre)- végétal (phytoplancton) ou animal (zooplancton) qui dérive au gré des courants, constitue la raison d’être de l’expédition "Tara-Océans", sans précédent dans sa dimension spatio-temporelle (3 ans et 150.000 km sur toutes les mers du monde).

Lors d’un colloque cette semaine au Sénat, présidé par Mme Odette Herviaux, sénatrice PS du Morbihan (Lorient est le port d’attache de Tara), la parlementaire a souligné le caractère inédit de cette expédition internationale d’intérêt général "scientifique, pédagogique et citoyenne".

Si Tara avait déjà navigué aux antipodes australes, son capitaine Hervé Bourmaud de l’île d’Yeu qui connaît bien la banquise Arctique, a découvert les dangers de l’océan Antarctique avec ses brusques changements météorologiques et surtout ses icebergs et growlers (gros morceaux de glace, à fleur deau).

"Le syndrome Titanic reste omniprésent dans la mémoire des marins et nous avons redoublé de vigilance sur notre route truffée d’obstacles. La beauté d’un énorme iceberg tabulaire apparaissant soudain dans la brume ou la neige, n’a d’égal que sa dangerosité. Le slalom entre ces masses millénaires dérivantes dures comme de l’acier fut permanent", a-t-il témoigné.

Le second danger d’importance attendait en mer de Weddell, à l’est de la péninsule Antarctique : "là, explique le capitaine, il convenait de veiller à ne pas se laisser piéger et emprisonner dans la glace en bordure de banquise. L’étude au microscope des cartes satellitaires permettant d’anticiper les mouvements de la glace, nous a permis de rester libres et de mener à bien nos prélèvements planctoniques dans cette région extrême très peu échantillonnée par les biologistes marins".

Tara a quitté l’Antarctique et rejoint vendredi Port Williams (Chili), sur le canal de Beagle, a quelques encablures du Cap Horn.

Son extraordinaire voyage se poursuivra au mois de février dans le sauvage entrelacs des canaux de Patagonie et leurs violents vents catabatiques (qui descendent des plateaux vers la mer), cauchemar des marins de la Terre de Feu.