Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

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Solidarité et responsabilité

Plus dans l’alimentation animale et surtout humaine l’on prend des précautions sanitaires : contrôles, qualité, tracabilité, plus nos comportements deviennent irrationnels face aux crises.
La crise avicole d’aujourd’hui révèle les craintes et les peurs des consommateurs.

Alors même que les avis de l’AFSSA ont mis en avant l’absence de dangers à manger des viandes de volaille, les médias utilisent un canard sauvage pour réveiller ces peurs oubliées depuis la crise de la vache folle. Cette impression d’insécurité permanente a déstabilisé le marché intérieur mais aussi les exportations puisque 46 pays ont décrété un embargo.
Comme souvent, les premières victimes ont été les plus fragiles, les plus précaires. Les contrats d’intérim dans l’agroalimentaire n’ont pas été reconduits. Ensuite les éleveurs totalement intégrés ont vu les durées des vides sanitaires s’allonger et parfois même les enlèvements reportés de plusieurs semaines. Des salariés ont été mis en chômage partiel sur la base du salaire de base alors que les primes représentent en moyenne 20%.
Mais cette crise irrationnelle ne fait pas le malheur de tous car parallèlement d’autres groupes récupèrent les marchés extérieurs perdus par nos entreprises.

Le Conseil régional a déjà prévu une enveloppe de 1 million d’euros pour aider les éleveurs les plus fragilisés selon des critères de priorité (cf. communiqué). Contrairement aux aides d’Etat qui sont systématiques, la volonté de la Région est de cibler les soutiens pour préserver le potentiel et préparer l’avenir de cette filière. Ainsi seront prioritaires les jeunes qui viennent d’investir, les accouveurs et ceux ayant des productions de qualité. Ces attributions se feront en toute transparence au sein d’une commission régionale où seront présents les principaux acteurs dont les banques.
La filière est d’ores est déjà déstabilisée mais cette crise conjoncturelle ne doit pas être l’occasion d’utiliser ces aides spécifiques pour une réorganisation structurelle nécessaire avant 2015.

Demain, il faudra réfléchir pour trouver des alternatives à l’arrêt des restitutions (aides européennes à l’exportation), pour mettre en place des productions orientées vers plus de valeur ajoutée, pour se réorienter sur les marchés intérieur, européen et mondial.

Cette réflexion nécessaire pour l’avenir de l’aviculture en Bretagne ne pourra se faire que si tous les partenaires y compris les banques et la grande distribution jouent tous la carte de la solidarité et de la transparence dans l’intérêt de notre économie régionale.