Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito mardi 11 mars 2003.

Semaine noire pour la Bretagne

En matière de désengagement de l’Etat, de destructions systématique des grands services publics, d’abandon des responsabilités sur les collectivités territoriales, on croyait que le gouvernement de Raffarin et sa majorité étaient allés déjà trop loin !

Malheureusement, le pire est à venir.

En une seule semaine, nous avons pu constater :

- dans le cadre de la loi sur le droit d’asile à une logique de durcissement à l’extrême des procédures en vigueur et une main mise du ministère de l’intérieur sur l’O.F.P.R.A, aux dépens du respect des garanties essentielles pour les personnes susceptibles de bénéficier d’une protection.
Dans le cadre du texte de loi sur les « responsabilités locales » une possibilité rendue opérationnelle grâce aux voies unanimes du groupe UMP de la taxation des voies express

- Dans le budget 2004 pour l’agriculture : un désengagement de 53% pour le programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole, la ligne budgétaire du Fond National de garantie des calamités agricoles qui n’est plus abondée et de plus, aucune ligne budgétaire pour les aides à la restructuration des filières en difficultés.

Cette politique est une vraie catastrophe pour le pays, pour tous les français, notamment les plus déshérités, les plus fragiles.
C’est aussi un coup très dur pour notre région, déjà déstabilisée dans son économie par des fermetures d’entreprises et le permanence de la crise structurelle dans la filière avicole et qui toujours dans cette même semaine noire s’est vue :

- Oubliée dans un rapport sénatorial qui ne parle plus du TGV Ouest tout comme dans le rapport de la DATAR.
- Intégrée, malgré sa périphéricité, dans le principe pourtant contestable de taxation des voies express par le vote de la majorité sénatoriale.

Quel aveu d’impuissance pour ce Sénat qui se voulait l’assemblée représentative des collectivités territoriales et qui a ce titre a voulu débattre en première lecture des lois les concernant.

A l’heure actuelle certains sénateurs bretons de droite en sont réduits à souhaiter que l’Assemblée Nationale soit assez vigilante pour “rattraper” cette erreur et retoquer le texte ?

Le gouvernement Raffarin est bien celui qui mène la politique la plus libérale que la France ait jamais connue ; il est aussi celui de l’abandon de certains principes et du renoncement aux engagements tels l’aménagement harmonieux du territoire et le désenclavement de la Bretagne.

Au niveau de la communication, nous avons droit à un populisme de plus en plus rétrograde aux relents de “travail, famille, patrie”, mais au niveau des actes c’est encore plus dangereux car il vise le désengagement voire la dislocation de l’Etat pourtant garant des libertés fondamentales, de la solidarité et de l’égalité entre les citoyens et entre les territoires.

Non, décidément le type de société que Raffarin et ses ministres veulent nous mettre en place n’est pas le notre et nous n’en voulons pas.

Seule, une mobilisation de tous, militants et sympathisants, élus ou non, pourra permettre d’affirmer notre refus en faisant en sorte que dès mars 2004, la Bretagne à gauche, la Bretagne par tous soit le premier signe fort du refus du fatalisme et du découragement face à l’entreprise de démolition par l’UMP de nos actions et de nos valeurs.