Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média jeudi 10 mars 2011.

Sarkozy ne veut pas être l’agité du local


Voir en ligne : Libération


Visite. Dans le Morbihan, le Président s’est voulu rassembleur sur la question de la réforme territoriale.

Nicolas Sarkozy ou l’art d’être décalé. Plusieurs sondages donnent le chef de l’Etat non qualifié pour le second tour de la présidentielle, et le voilà qui se concocte une visite loin de « l’actualité de tous les jours », et proche des « vraies préoccupations de Français ». Il était hier à Josselin, dans le Morbihan, après avoir visité une usine à Beignon, pour participer à une assemblée des maires et des élus locaux et discuter avec eux des conséquences de la réforme territoriale. Les cantonales sont dans deux semaines, et il ne faudrait pas que ce département breton, seul à droite de la région, passe à gauche.

« Sang-froid ». La « convocation » du Président révèle « la fébrilité de la droite morbihanaise », avait ironisé, avant la visite, Paul Paboeuf, un élu socialiste local. Mais il ne fallait pas attendre un quelconque dérapage partisan de Sarkozy. Hier, le chef de l’Etat n’était « guidé » que par « l’intérêt général », et voulait mener un « débat très libre, républicain », avec élus de droite et de gauche. « J’aime le contact, ces échanges », explique-t-il, en rappelant qu’il a, lui-même, été un élu local. Et qu’il en a vu d’autres : « Cela fait trente-cinq ans que je fais de la politique. J’ai connu tous les mandats. J’ai connu des hauts et j’ai connu des bas, et puis j’y suis arrivé. C’est un long chemin, beaucoup de sang-froid, beaucoup de conviction. »

Avec les élus, Sarkozy a une règle de conduite : « On fait comme dans un couple, on règle les difficultés en se parlant. » Certains sont inquiets du gel des dotations aux collectivités et à la fermeture des services publics ? Ils peuvent s’exprimer. Et écouter Sarkozy leur répondre qu’il ne peut rien faire, parce que c’est la crise : « Vous voyez, monsieur le maire, ce qui se passe en Grèce, en Irlande et au Portugal, répond-il à une question d’un élu. Y a-t-il quelqu’un qui souhaite la même destinée pour la France ? » Mais le Président ne veut pas être sans espoir : « Il y aura des marges de manœuvre grâce aux péréquations », promet-il.

« Initiative ». Sur la question de la réforme territoriale, qui diminue le nombre des élus, et inquiète la sénatrice socialiste Odette Herviaux, même type d’échange : « Est-ce qu’avant tout allait bien dans le meilleur des mondes ? Je ne crois pas, madame la sénatrice. » Et d’ajouter : « Cette organisation, vous finirez par l’aimer. » Sarkozy se donne cependant de la peine, en abordant les questions les plus locales. La loi Littoral gêne les projets de développement d’élus ? « Je suis prêt à recevoir une délégation », assure-t-il. Des Bretons veulent le rattachement de la Loire-Atlantique à leur région ? « Je connais le sujet, mais c’est aux assemblées délibérantes de prendre l’initiative. » Il est même d’accord pour l’enseignement du breton. « Les langues régionales ne sont pas une menace pour l’unité nationale », assure-t-il, dans son costume du jour de président rassembleur.

Par NICOLAS CORI Envoyé spécial dans le Morbihan