Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito mercredi 8 octobre 2008.

Rentrée parlementaire sous le signe de la crise

A partir du 1er octobre a débuté la session ordinaire. Plusieurs projets de loi d’importance figurent à l’ordre du jour : celui sur le logement (le 14 octobre au Sénat) ouvrira la session, dont les morceaux de choix seront comme chaque année le budget de l’Etat, et celui de la Sécurité sociale. Alors que l’économie bascule dans la récession au niveau mondial, les finances du pays sont dans le rouge foncé à cause de choix présidentiels hasardeux, notamment en matière fiscale, qui ont durablement grevé les ressources de l’Etat et réduit d’autant ses capacités pour relancer l’économie, augmenter le pouvoir d’achat des Français et renforcer les solidarités.

C’est un véritable plan de rigueur qui est aujourd’hui annoncé aux Français avec le projet de budget 2009. Le gouvernement tire manifestement prétexte de la crise économique pour justifier l’instauration de mesures d’austérité et l’amplification de la politique menée alors que l’absence totale de soutien à l’investissement et la priorité aux heures supplémentaires plutôt qu’aux embauches conduisent ainsi logiquement à une forte remontée du chômage. Le gouvernement prépare aussi une véritable saignée des collectivités dont les concours n’augmenteront même pas du montant de l’inflation, alors que l’investissement mené par ces dernières demeure l’un des seuls moteurs de la croissance.

Dans ce contexte, l’explosion du déficit budgétaire, fixé à 52,1 milliards d’euros, soit 10,4 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la loi de finances initiale pour 2008, n’est que le résultat de l’inefficacité des politiques menées qui ont conduit à l’effondrement des recettes. Malgré la restriction sans précédent des emplois de fonctionnaires qui est programmée (en 2009, ce sont 30 600 postes de fonctionnaires d’Etat – dont 13 500 dans l’Education nationale – qui seront supprimés après 22 900 en 2008), la dette publique va ainsi remonter à 66% du PIB. L’équilibre des finances prévu pour 2012, alors que la France assure la présidence de l’Union européenne, ne restera donc qu’une vague promesse…