Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Communiqués mardi 22 octobre 2013.

Réformes des rythmes scolaires des journées allégées pour favoriser la réussite scolaire de tous

octobre 2013


Voir en ligne : Sénateurs socialistes


Pourquoi modifier les rythmes scolaires ?

Depuis 2008, la semaine des écoliers français a été
concentrée sur 4 jours : ainsi, nous cumulons depuis 5
ans, des programmes académiques très denses dans des
temps d’apprentissage eux-mêmes très denses.

Nos enfants ont le nombre de jours d’école le plus faible des
pays de l’OCDE : 144 jours contre 187 en moyenne, et
par voie de conséquences les journées les plus longues
et les plus chargées
. C’est un non-sens pédagogique.

Cette organisation ne respecte pas les rythmes naturels
des enfants et constitue une source de fatigue et de difficultés
scolaires, en premier lieu pour les élèves les plus
fragiles. Préconisé par l’académie nationale de médecine,
le retour à la semaine de 4 jours et demi répond
avant tout à un objectif pédagogique : favoriser la réussite
de tous les élèves, alors que les résultats de notre
système scolaire se dégradent dans tous les classements
internationaux.

Or, ces dernières semaines, la polémique électoraliste
orchestrée par l’UMP a fait perdre de vue non seulement
les objectifs de cette réforme mais également le fait
que le retour à la semaine de 4 jours et demi faisait
consensus. En 2011, la conférence nationale sur les
rythmes scolaires lancée par L. Chatel (qui a d’ailleurs
exprimé son soutien à la réforme) aboutissait à la même
conclusion : un nécessaire rééquilibrage du temps scolaire
via l’allègement de la journée d’école. Rééquilibrage
resté lettre morte faute de courage politique à
droite pour le mettre en œuvre.

De même, on entend dire que les enfants seraient plus
fatigués : à cette période de l’année, ils le sont toujours.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une des premières
mesures de V. Peillon a été de rallonger, dès la rentrée
2012, les vacances de la Toussaint. Les porter à deux semaines
complètes permet à la fois que la coupure de la
Toussaint redevienne une véritable période de repos dans
un premier trimestre long et de mieux respecter le principe
d’une alternance régulière entre période de travail
et de congés.

Un accès plus large au périscolaire pour plus de justice sociale

Avant cette rentrée scolaire, seuls 20 % des écoliers participaient
à des activités le mercredi matin.
Cette réforme
vise donc également à favoriser l’accès de tous les
enfants à des activités sportives, artistiques et culturelles,
au travers des activités périscolaires mises en
place par les collectivités. En 2014, ce sont plus de 80 %
des écoliers qui participeront à des ateliers périscolaires.
Alors qu’est-ce qui est vraiment inégalitaire : ne pas
avoir du tout accès à des activités le mercredi matin ou
ne pas faire les mêmes que son copain de la commune
d’à côté ?

Le second objectif de la réforme des rythmes scolaires,
c’est une école plus ouverte sur son environnement. Alors
oui ce n’est pas facile à mettre en oeuvre car cela exige
que tous les acteurs (collectivités locales, Education nationale,
associations, parents d’élèves…) se concertent
et travaillent en partenariat, pour mieux articuler les différents
temps de vie de l’enfant. Mais c’est bien parce
qu’il s’agit d’une réforme exigeante qui modifie le quotidien
des Français et implique la mobilisation d’une multiplicité
d’acteurs locaux, qu’elle n’a pas été réalisée
avant !

Un cadre national exigeant permettant des adaptations selon l’environnement local

Au lieu d’imposer à tous un modèle d’organisation unique
et rigide, le gouvernement a fixé un cadre national à l’intérieur
duquel la concertation locale permet de prendre
en compte les atouts et les contraintes spécifiques de
chaque territoire pour l’organisation du temps scolaire.

Alors bien sûr, des ajustements à la mise en oeuvre peuvent
être nécessaires. Après un mois à peine d’application
des nouveaux rythmes, c’est tout à fait normal.
D’ailleurs le gouvernement en a déjà tiré les conséquences
puisque V. Peillon vient d’annoncer que des instructions
seront données pour mieux tenir compte des
rythmes des enfants en maternelle.

En outre, c’est justement cette souplesse laissée aux acteurs
locaux qui est le gage d’une meilleure adéquation
de l’organisation des temps avec les besoins des enfants
en fonction des contraintes locales. Pour ce faire, les services
de l’éducation nationale accompagnent les municipalités
pour les aider à élaborer un projet éducatif de
territoire concerté et à trouver les solutions les plus
adaptées.

La réussite de cette réforme ne pourra s’apprécier pleinement
que dans le temps, au vu des profonds changements
qu’elle implique. Un premier bilan d’étape sera
réalisé en décembre par le comité de suivi de la réforme.

Un financement des activités périscolaires fortement soutenu par l’Etat

Jusqu’à maintenant, les activités périscolaires étaient à
la seule charge des mairies. Pour la première fois, l’Etat,
avec un fonds d’aide spécifique, contribue à leur financement.

En plus des 50 ou 90 € ainsi versés par l’Etat aux
communes (selon leurs ressources), celles-ci pourront
également recevoir un financement de la CAF de 54 € par
enfant pour l’organisation de ces activités. Bien que le
coût réel par enfant dépende (notamment) de ce que les
communes avaient mis en place auparavant, les aides apportées
par l’Etat et la CAF correspondent à l’évaluation
faite par l’AMF, entre 100 et 150 € par enfant. Le fonds
d’aide sera reconduit en 2014.