Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

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Question à Odette Herviaux, Vice-présidente en charge de l’agriculture, de la qualité agroalimentaire et de la consommation

Source - Breizhine e-magazine de la Région Bretagne

Quatre régions de l’Ouest ont adopté une position commune sur l’avenir de la PAC. Quel est le sens de cette mobilisation ?

L’Europe s’apprête à dresser un bilan de la politique agricole commune. Dans la perspective d’une réforme en 2013, les Régions Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie et Poitou-Charentes se sont associées pour faire entendre leur position et peser sur les nouvelles orientations stratégiques. Cet engagement est d’autant plus important que le Grand Ouest est l’une des principales régions agricoles européennes.
Notre position commune réaffirme la nécessité de maintenir une politique communautaire forte, tournée vers l’indépendance alimentaire et l’environnement. Nous voulons aussi que l’Europe conserve des outils de régulation des marchés agricoles et de gestion des crises. Nous souhaitons enfin disposer des moyens d’adapter la PAC aux réalités des territoires, au plus proche des besoins régionaux.

La révision de la PAC menace-t-elle l’agriculture européenne ?

Il ne faut pas confondre agriculture et développement rural. Quand la population augmente et que les ressources s’épuisent, la sécurité alimentaire demeure un enjeu vital. En dépit de la tentation libérale, l’Europe doit continuer à soutenir l’agriculture afin de garantir les approvisionnements et la qualité sanitaire des produits alimentaires. Cette priorité doit se traduire par le maintien d’un budget important. Pour relever le défi écologique, l’Europe doit aussi promouvoir davantage la qualité et la diversité de ses productions, au profit d’une agriculture à dimension humaine. Aujourd’hui, les prix sont trop bas pour les agriculteurs, trop hauts pour les consommateurs. C’est une preuve que l’Europe doit également conserver des moyens d’intervention au bénéfice durable de tous les citoyens. A titre d’exemple, nous sommes très attachés au maintien des quotas laitiers.

Les Régions du Grand Ouest prônent la proximité. Pourquoi ?

Les aides de la PAC sont mal réparties, privilégiant certaines productions au détriment d’autres filières. Certains critères d’attribution ne sont plus justifiées au regard des besoins. Pour mieux prendre en compte la diversité des situations locales, nous souhaitons que les aides communautaires soient gérées à l’échelon du territoire régional, quelle que soit l’autorité de tutelle.