Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Région > Communiqués mardi 29 janvier 2008.

Plan pêche du ministre Barnier : Jean-Yves Le Drian réagit et fait des propositions

Si une partie du plan pêche proposé par Michel Barnier va dans le sens de la politique régionale, notamment sur les volets installation, sécurité, énergie, formation, deux aspects essentiels en sont absents et certaines mesures posent question. Après une analyse approfondie du plan, Jean-Yves Le Drian, Président de la Région Bretagne, et la vice-présidente Janick Moriceau font part de leurs interrogations et proposent quelques alternatives.
Les deux grands absents du plan : le surendettement et le plan de casse
Pour les élus régionaux, deux points essentiels à la pérennité de l’économie de la pêche en Bretagne sont absents du plan de Michel Barnier : le surendettement et le plan de sortie de flotte.
Pour résoudre les situations de surendettement des patrons pêcheurs –qui mériteraient une étude au cas par cas- la seule solution proposée aujourd’hui est le recours au plan de casse. En Bretagne, alors qu’un emploi en mer permet de créer entre 3 et 5 emplois à terre, la poursuite du plan de sortie de flotte pourrait avoir de graves conséquences halieutiques, économiques et sociales sur tout le territoire. Pour Jean-Yves le Drian, il serait utile de constituer un groupe de travail expert sur le sujet.
Des dispositifs dont la mise en œuvre pose question
Après avoir mené une analyse approfondie du plan, c’est dans un état d’esprit constructif, avec une volonté d’efficacité pour la filière, que Jean-Yves Le Drian a souhaité faire part de ses interrogations :
-  taxe de 2% sur les ventes de poissons : Comment et par qui se fera sa redistribution ?
-  les situations sont différentes suivant les types de pêches. Ne faudrait-il pas envisager des compensations « gasoil » différentes entre hauturiers, côtiers… ?
-  le service écologique rendu par les pêcheurs : pourquoi ne pas aller vers une mesure équivalente aux MAE appliquées en agriculture ?
-  quelle redistribution entre armateur et équipage ?
Quelques propositions
La Région qui veut parvenir à trouver rapidement une solution pérenne pour la filière pêche fait quelques propositions :
L’idée de la coopérative est intéressante mais il doit s’agir d’une coopérative régionale, représentative de toute la profession.
Le partage de l’autorité portuaire entre les Régions et les Départements rend complexe le maintien du dispositif d’exonération des redevances portuaires. Pourquoi ne pas créer un grand service d’intérêt général portuaire pêche comme il en existe dans certains pays européens ?

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Pour Jean-Yves Le Drian : « le plan Barnier porte sur trois ans, mais il faut travailler sur le long terme pour pérenniser la filière. La succession de plans n’est pas la solution. Il faut une évolution forte de la pêche ». Il a ajouté « le Conseil régional est une nouvelle fois prêt à participer dans le cadre de ses responsabilités et de son budget à la défense des intérêts de la filière pêche bretonne qui constitue un pilier important de son économie. Il faut trouver des solutions justes, légales et équitables ».

Quelques chiffres sur la pêche en Bretagne
1 537 navires de pêche bretons dont 80% destinés à la pêche côtière (représente 28% de la flottille française)
6 000 marins (30% des emplois de la pêche en France)
301 000 tonnes de poissons et crustacés soit 51% des captures de pêche fraîche
1ère région française pour le volume de produits débarqués
68 entreprises de transformation (4 350 emplois)
125 entreprises de mareyage (1 000 emplois)
700 entreprises conchylicoles - 50 600 tonnes par an (2 300 emplois)