Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média lundi 26 septembre 2011.

Passe de trois historique pour la gauche

26 septembre 2011


Voir en ligne : Le Télégramme


Journée historique, hier, au Palais des arts, à Vannes. En l’espace de deux tours, les grands électeurs ont offert sur un plateau trois postes de sénateurs à la gauche qui n’en espérait pas tant.

> Les chiffres du vote dans le Morbihan

David Robo, jeune maire UMP de Vannes venant annoncer, les larmes aux yeux, à Jo Kerguéris, sénateur sortant, et à François Goulard, candidat à la succession de Josselin de Rohan, que pour la droite morbihannaise, les élections se présentent plutôt mal, pour ne pas dire qu’elles sont « foutues ». Et alors même que les résultats officiels du premier tour n’ont pas encore été proclamés. C’est l’une des images fortes que l’on retiendra de ces sénatoriales 2011 qui, à n’en pas douter, feront date dans l’histoire politique du Morbihan que l’on croyait à jamais ancré à droite. L’autre image, c’est celle d’Odette Herviaux, candidate PS sortante qui, dans le même temps, fête avec ses amis sa brillante réélection. À gauche, la joie est d’autant plus grande que, selon nombre d’observateurs, la sénatrice était donnée battue dès le premier round. A droite, les trois candidats qui font liste commune vont alors trancher dans le vif et obtenir de Jo Kerguéris qu’il se sacrifie au motif qu’il faut sauver de la déroute les soldats François Goulard (député et président du conseil général) et Jacques Le Nay (député et président de l’association des maires).

« Un exercice viril »

« Je ne suis pas battu. Je me retire simplement », commentera, un peu plus tard, Jo Kerguéris sans oublier de souligner que, lors des discussions avec ses colistiers, « l’exercice avait été viril. Si je me suis retiré, c’est parce qu’il fallait bien que quelqu’un le fasse. J’avais la possibilité de m’engager dans un bras de fer avec François Goulard qui comptait le même nombre de voix (794) et de maintenir ma candidature en faisant cavalier seul, mais cela aurait été contraire à la manière dont nous travaillons dans le Morbihan ».

Une balle dans le pied

La suite prouvera que la droite, en adoptant cette stratégie, venait de se tirer une balle dans le pied et qu’elle n’allait pas s’en remettre. Homme de consensus durant tout son mandat à la tête du conseil général du Morbihan, Jo Kerguéris a toujours su s’attirer la sympathie des grands électeurs quelle que soit leur couleur politique. Lui demander de se retirer fut donc perçu comme une trahison par une large partie d’entre eux. Et ils vont très vite le faire savoir. Soit en le criant haut et fort : « Je suis écoeuré que le grand Jo Kerguéris qui a réussi à changer le profil du Morbihan soit jeté comme ça », dira Joël Labbé, maire et conseiller général de Saint-Nolff. Et, à ce titre, son plus farouche adversaire lorsque tous deux siégeaient au Département. Soit en votant en faveur des deux candidats de gauche encore en lice, à savoir Joël Labbé (Europe Écologie-Les Verts) et Michel Le Scouarnec (PCF). Résultat : trois élus pour la gauche, aucun pour la droite. Pour Jean-Yves Le Drian, président PS de la région Bretagne venu dare-dare fêter l’événement, « cette victoire de la liste des élus de gauche, écologistes et de progrès, est la preuve que l’Union marche lorsqu’elle se fait dès le premier tour ». Une leçon que la droite morbihannaise qui sort KO debout (*) de ces sénatoriales - qu’elle croyait gagnées d’avance - n’est pas près d’oublier.

* Hier soir, aucun des leaders que nous avons contactés ne souhaitaient faire de commentaires.

Yann Le Scornet