Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Communiqués mardi 31 juillet 2012.

Pas un euro d’argent public sans contrepartie

Pour avoir suivi de près les diverses propositions concernant l’affaire Doux, en collaboration avec les cabinets des ministres concernés, c’est avec inquiétude que nous attendions les résultats de l’audience du 27 juillet car malgré certaines avancées, notamment sur le plan social, nous n’étions pas satisfaits des offres présentées. Toutefois, nous faisons la différence entre des industriels désireux de préserver leurs intérêts certes, mais aussi ceux de la filière volaille, et des "prédateurs" financiers que nous ne connaissons pas et qui peuvent avoir d’autres intérêts que ceux de cette filière et de nos territoires.

Il ne faut plus courir le risque - comme cela s’est déjà passé plusieurs fois ces dernières années - de voir dans 6 mois ou 1 an revendre à la découpe un pan de notre industrie qui, bien réorientée, peut rapporter à notre marché national, car nous importons quand même 40% de nos poulets.
Nous espérons que ces quelques jours de délai favoriseront la réflexion car, lors de cette audience, Monsieur le Procureur a parfaitement résumé la situation : tout cela est décevant. Des milliers de salariés expérimentés et compétents, des sites industriels en capacité de produire - même si parfois ils sont obsolescents - un réseau dense d’éleveurs et de transporteurs.... Et personne pour déposer une offre qui soit parfaitement et totalement convaincante.

Aussi réaffirmons-nous qu’il ne doit pas y avoir d’effort public sans effort des acteurs de toute la filière.

Nous souhaitons que l’État, les Régions et les autres collectivités, quel que soit l’opérateur retenu, n’apportent leur soutien que sur la base d’un véritable projet solide, offrant de réelles garanties pour l’emploi et pour la modernisation de l’outil de production.

Pour nous, un projet pour la filière avicole doit être un projet industriel durable, il ne doit pas risquer de faire passer les exigences immédiates de la rentabilité financière avant les intérêts de la filière. Il doit être ancré dans les territoires, dont les acteurs connaissent les besoins à la fois des producteurs, des salariés et des consommateurs.

C’est seulement à ces conditions que l’État et les collectivités pourront pleinement jouer leur rôle pour sauvegarder notre industrie agro-alimentaire et préserver le dynamisme de nos territoires.