Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito vendredi 24 octobre 2008.

Logement social : le combat doit continuer

A l’heure où les charges de logement atteignent 25% du revenu des Français, la reconquête du pouvoir d’achat passe avant tout par le logement abordable. Dans cet objectif, la solidarité territoriale doit être partagée par toutes les communes de France, surtout lorsqu’elles ont les moyens de mettre en place une véritable politique de mixité en termes de logement.

C’est cet esprit que le projet de loi, dans sa rédaction initiale, remettait frontalement en cause. Je me félicite donc du vote massif des sénateurs contre le démantèlement de la loi SRU proposé par le gouvernement. L’un des derniers grands acquis du gouvernement Jospin en matière de mixité sociale, défendu par toutes les associations d’élus, n’est en effet pas négociable : 20% de logement locatifs sociaux dans toutes les communes de plus de 3 500 habitants est un seuil minimal pour répondre aux besoins des Français.
Je tiens également à saluer l’adoption par le Sénat d’un amendement que j’avais proposé pour généraliser et rendre obligatoires dans tous les départements les commissions de prévention des expulsions locatives.

Les sénateurs, représentants des collectivités territoriales, connaissent les enjeux et les réalités politiques du logement social. Ce désaveu pour le gouvernement n’est pas la victoire d’un camp contre un autre, mais celle de l’intérêt général. Avec l’ensemble de mes collègues de la Haute Assemblée, je demande donc à Madame Boutin de respecter le vote presque unanime des sénateurs, et j’appelle désormais tous les députés à nous rejoindre : la loi SRU est un acquis républicain que personne ne saurait défaire.

Cette volonté politique parlementaire est d’autant plus nécessaire que le gouvernement s’apprête à remettre en cause les engagements de l’Etat en faveur du logement. D’un côté, il présentera un budget 2009 qui vide le 1% logement en l’amputant de près d’1 milliard d’euros pour combler les trous du budget de l’Etat. De l’autre, le gouvernement proposera dans quelques semaines un budget pour l’aide à la construction qui passe de 800 millions en 2008, à 550 millions en 2009 et à 350 millions en 2010 !

Le combat doit donc continuer et continuera pour que les collectivités locales disposent des moyens nécessaires à leurs actions en faveur du logement et pour que tous les Français puissent bénéficier d’un logement accessible de qualité.