Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito lundi 15 octobre 2007.

Les promesses du Grenelle

Par Odette Herviaux Secrétaire fédérale à l’ Agriculture et aux Espaces ruraux

L’actualité agricole de cette rentrée est comme souvent foisonnante et particulièrement passionnée, voire passionnelle, comme l’ont montré tout dernièrement en Bretagne les diverses réactions et positionnements sur les OGM, le contentieux sur les eaux brutes ou la dioxine dans le lait. C’est peut être pour cela aussi que dans les réunions du“ Grenelle de l’environnement”, le groupe 4 chargé de débattre sur “adopter des modes de production et de consommation durables : agriculture, pêche, agroalimentaire, distribution, forêts et usages durables des territoires” a eu du mal à trouver une méthode de fonctionnement efficace et des propositions concrètes qui fassent consensus, car c’était bien là la commande gouvernementale : “produire un rapport, le plus bref et consensuel possible sur les trois ou quatre principaux programmes d’amélioration qui seront identifiés par le groupe.” Chacun des 6 groupes (Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie - Préserver la biodiversité et les ressources naturelles - Instaurer un environnement respectueux de la santé - Adopter les modes de production et de consommation durables - Construire une démocratie écologique : institutions et gouvernances - Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l’emploi) réunit un grand nombre de personnalités, représentants de l’Etat, des diverses collectivités, des élus, des chambres consulaires, des syndicats, des associations, des ONG. Dans le groupe 4 où je représente l’association des régions de France (ARF), les débats ont été vifs, parfois fructueux, surtout dans les diverses contributions écrites mais malheureusement trop souvent extrêmes, démontrant ainsi que certains continuent à avoir des positions de principe, voire parfois des postures qui ne permettent pas d’avancer et qui font penser à des débats d’un autre temps par rapport à tout ce qui a pu se mettre en place dans les régions, notamment depuis 2004. Cela fait maintenant plusieurs années que les régions, dans la limite de leurs compétences et avec des budgets très serrés, ont dépassé le stade de l’incantation et sont dans le “faire”. Dans les trois domaines du développement durable : environnement, social, économie et pour l’ensemble des mesures appliquées dans les régions, la Bretagne est à la pointe. Cela se verra plus sûrement lorsque le bilan de la 1ère étape de ce Grenelle sera suivi de sa déclinaison en région et que notre volonté de continuer à favoriser le développement de toutes les formes d’agriculture respectueuse de l’environnement sera plus évident. Mais nos partenaires risquent d’attendre de nous beaucoup plus que ce que nos compétences propres et surtout nos disponibilités budgétaires nous permettent. Il faut donc continuellement rappeler que ce sont les politiques nationale et européenne qui déterminent les tendances et les grandes orientations de l’agriculture de demain. Que représentent nos 21 millions du budget régional (dont 10 consacrés à l’agro-environnemental) face à plus de 55 millions de l’Etat et 600 millions de la PAC ? Il faut donc espérer que ce Grenelle de l’environnement aboutisse à autre chose qu’à des vœux pieux !