Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média mercredi 19 mai 2010.

Le Sénat au chevet de l’agriculture, un secteur mal en point

Par Suzette BLOCH


Voir en ligne : video du Sénat


Le Sénat a entamé mardi l’examen du projet de
loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP) qui vise au
premier chef à assurer des revenus décents à des agriculteurs éprouvés
par une chute spectaculaire de leurs revenus.
"Le premier objectif, c’est de garantir aux agriculteurs un revenu qui
leur permette de vivre dignement de leur travail", a assuré Bruno Le
Maire (Agriculture) en introduction.
Sur tous les bancs les sénateurs se sont alarmés de "la profondeur de la
crise" et du "désespoir" des agriculteurs, appelant de leurs voeux une
"régulation".
L’enjeu politique est important pour la majorité qui a vu un électorat
paysan traditionnellement à droite déserter les urnes et multiplier les
manifestations de mécontentement. Nicolas Sarkozy a mis la main à la
pâte en présidant lundi la signature d’accords Etat/distribution de
modération des marges sur les prix des fruits et légumes. Il devait
recevoir mercredi les représentants de la pêche.
"Aucun autre secteur de l’économie n’est aussi durement touché", a
constaté le rapporteur UMP Gérard César. Il a pointé "l’instabilité des
prix", des "agriculteurs petits et faibles face à l’aval des filières",
"la pleine exposition à la concurrence internationale".
L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) a plaidé pour "un
allègement des charges" et "la diversité des productions". Il a émis des
réserves sur l’accord avec les distributeurs observant que "la
distribution a un talent extraordinaire pour utiliser les réglements à
son avantage" et appelant à "taxer ses produits financiers".
Plus de 650 amendements ont été déposés, illustrant l’importance de ce
texte inscrit en urgence (une lecture par assemblée) pour ces élus des
territoires.
"L’agriculture est le poumon de plusieurs milliers de communes dont la
vie économique est totalement dépendante de son activité", a lancé le
président du PRG, Jean-Michel Baylet.
La gauche PS et PCF a déposé deux motions de procédure pour manifester son opposition à un projet qui "ne répond pas à la gravité de la crise".
"Les racines du mal résident dans les impasses du modèle libéral", a
souligné Odette Herviaux (PS) qui a fustigé la Loi de modernisation de
l’économie (LME) "qui permet à la distribution d’imposer aux exploitants
agricoles des prix de moins en moins rémunérateurs"
et "un budget
agricole sous-dimensionné"
.
"Aucune disposition n’interdit la spéculation sur les denrées agricoles,
rien ne limite les importations abusives extra-nationales ou
extra-communautaires pour casser les prix à la production", a déploré
Gérard Le Cam (CRC-SPG, communistes et Parti de gauche).
Quatrième loi agricole en 10 ans, ce texte prévoit l’obligation de
"contrats écrits" producteurs-industriels avec mention des prix et
volumes de livraisons. Il vise à améliorer l’organisation des filières
en encourageant les producteurs à se regrouper face aux industriels et
aux distributeurs et en renforçant le rôle des interprofessions. Il
développe la couverture des risques pour les agriculteurs. Il comporte
un volet prônant une alimentation de qualité et la préservation des
terres agricoles ainsi qu’un volet pêche prévoyant de faire travailler
ensemble pêcheurs, consommateurs, scientifiques et écologistes. Il vise
enfin à anticiper la réforme, en 2013, de la PAC (Politique agricole
commune) dont la France a été la première bénéficiaire des aides.
Le débat est programmé jusqu’au 26 mai mais pourrait être prolongé si
nécessaire.
szb/sm/ei