Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

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Langues régionales : pour une République de la diversité culturelle

Vendredi 17 juin 2011

Notre République peine à reconnaître sa diversité linguistique. Maintes fois, le Parlement a été saisi de textes législatifs en faveur des langues régionales, en vain. Et depuis plus de 10 ans, la France n’a toujours pas ratifié la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.

Si leur reconnaissance constitutionnelle en juillet 2008, en tant que partie intégrante du « Patrimoine de la France », a représenté une avancée importante, elle ne peut toutefois être effective sans cadre législatif ni outils juridiques et financiers.

Alors qu’en 2008, le Ministre de la Culture annonçait un projet de loi pour répondre à ces attentes, le Gouvernement a depuis fait machine arrière. Plus récemment, la proposition de loi déposée en février 2011 par le député socialiste Armand Yung, fruit d’un travail collectif regroupant des parlementaires de toutes les tendances politiques, n’a toujours pas trouvé d’écho auprès du Gouvernement. Dans ce contexte, nous avons fait part de nos inquiétudes au Ministre de l’Éducation nationale quant à l’avenir du CAPES de langues régionales alors que le nombre de postes ouverts d’enseignement ne cesse de diminuer.

Lors de son déplacement la semaine passée à Quimper, le Ministre de la Culture est apparu confus. S’il a déclaré qu’il soutiendrait dans quelques semaines un texte à l’Assemblée nationale, il a néanmoins assuré le contraire, la veille, à Brest. Nous demandons par conséquent au Ministre de prendre clairement et définitivement position sur ce sujet, notamment en soutenant officiellement la proposition de loi relative au développement des langues et cultures régionales, déposée par le groupe socialiste du Sénat, et qui sera examinée par les Sénateurs le 30 juin prochain.

La reconnaissance juridique des langues régionales s’avère certes nécessaire mais non suffisante. Une nouvelle fois, nous en appelons donc à la construction d’une politique intégrée en faveur de ces langues, s’appuyant sur des engagements forts de l’État et soutenant l’action volontariste des collectivités locales en la matière. Loin de remettre en cause l’unité de la République, la promotion des langues régionales vise à préserver la richesse que constitue pour la France - et le monde - sa diversité linguistique et culturelle.