Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Travail parlementaire > Solidarité lundi 28 juillet 2008.

La lutte contre la pauvreté et l’exclusion

une responsabilité à partager


Voir en ligne : télécharger le rapport


La pauvreté et l’exclusion sociale sont des réalités difficiles à comprendre de manière précise et dans toutes leurs dimensions, parce que ceux qui ont le pouvoir d’en parler n’en sont généralement pas les victimes. Une société étant par nature un ensemble de liens entre des personnes, l’affaiblissement, l’univocité voire la rupture de ces liens ne peuvent être réparés de manière unilatérale. L’intervention des deux parties est indispensable pour que la restauration et la qualité du lien s’opèrent. L’inégalité initiale de situation entre celui qui est « inclus » et celui qui est « exclu » requiert une aide du premier à l’égard du second. C’est ce qu’expriment le principe et la nécessité de l’accompagnement.

La véritable harmonie du lien social réclame une relation plus équilibrée par laquelle celui qui est en situation d’infériorité et d’exclusion doit pouvoir prendre une part active voire déterminante à son rétablissement dans la société, comme citoyen à part entière. Ainsi peut naître et se développer le sens d’une responsabilité partagée, fondatrice de la cité et donc d’un lien social conforme aux exigences de la dignité de la personne humaine.

C’est par rapport à ce sens de l’unité profonde de l’humanité que le concept de justice peut revêtir dans toute son ampleur un sens qui ne comporte aucune condescendance. L’enjeu de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale trouve alors toute son ampleur puisqu’il s’agit de permettre à chacun, quelle que soit sa position initiale, de participer, en donnant et recevant comme artisan d’un avenir commun. La lutte contre la pauvreté ne peut pas dès lors consister seulement à la recherche d’une inclusion dans une société postulée comme parfaite, de personnes qu’il faut aider à rejoindre la fête collective, mais comme une action pluridimensionnelle et fondamentalement politique.

Les développements ci-après seront consacrés aux outils permettant de mieux mesurer la pauvreté et l’exclusion (Titre Ier), ainsi qu’au nécessaire développement des politiques préventives et actives en faveur de l’insertion durable (Titre II). La mission s’interrogera ensuite sur le rôle de l’école dans la réduction de la pauvreté et dans la prévention de l’exclusion sociale (Titre III), et consacrera un volet spécifique à l’insertion économique qui doit devenir une priorité (Titre IV). Elle rappellera enfin la complexité de la gouvernance de la lutte contre l’exclusion et proposera une indispensable simplification en ce domaine, notamment au plan territorial (Titre V).