Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média jeudi 3 février 2011.

Immigration : les sénateurs PS dénoncent un projet de loi "stigmatisant"

Les sénateurs socialistes ont dénoncé mardi lors d’une conférence de presse le projet de loi sur l’immigration, dont le Sénat va entamer à son tour l’examen, comme un texte "stigmatisant" envers les étrangers et "attentatoire aux libertés
publiques".

L’examen du texte ne commencera pas avant mercredi après-midi ou soir
alors qu’il était prévu mardi après-midi, car plus d’amendements que
prévu (plus de 150) ont été déposés sur le projet de loi discuté juste
avant, celui sur le Défenseur des droits.

Le texte sur l’immigration est "superfétatoire" car "c’est la 6ème loi
en huit ans qui traite de l’immigration" et il "ne sera pas plus
efficace que les autres pour la maîtrise de l’immigration car nous
sommes toujours autour de 300 à 400.000 travailleurs irréguliers", a
déclaré Richard Yung (PS, Français de l’étranger).

"C’est une loi injuste qui rogne le droit des travailleurs et attente
aux libertés publiques", a-t-il ajouté.

Il s’est félicité de l’adoption en commission des Lois de plusieurs
amendements PS, dont l’un qui met à bas l’une des dispositions clef qui
prévoyait le report de l’intervention du juge des libertés de 2 à 5
jours dans la procédure d’éloignement. Le président du groupe UMP,
Gérard Longuet, a toutefois déposé un amendement qui rétablit le texte
du gouvernement annonçant une "forte bataille" sur ce point en séance,
selon M. Yung.

Jean-Pierre Sueur (PS, Loiret) a dénoncé un "texte de stigmatisation"
dont "le seul objet est de dire et redire que les étrangers sont un
danger" ou "des tricheurs potentiels". "C’est contraire à la République
fraternelle" et "à une France secourable que nous voulons", a-t-il clamé.
Le PS a déposé près de 220 amendements contre "la banalisation de
l’enfermement des étrangers, la création de zones d’attente mouvantes,
la mise à l’écart des juges judicaires, la création d’une peine de
bannissement, le dévoiement du droit d’asile, l’extension des motifs de
déchéance de la nationalité, la stigmatisation des couples binationaux".
Au total, près de 500 amendements et trois motions de procédures ont été
déposés.

Adopté en octobre par l’Assemblée nationale, dans la foulée du discours
sécuritaire du président Sarkozy pendant l’été, le projet, qui inclut
l’extension de la déchéance de nationalité, a soulevé les protestations
des associations de défense des droits des étrangers.
szb/mad/bfa