Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito vendredi 20 mars 2009.

Face à l’obstination aveugle du Gouvernement, la mobilisation s’impose

Contrairement aux dénégations du Gouvernement et du Président de la République qui constituent autant de provocations pour les millions de Français de tous horizons qui sont descendus dans la rue, la très forte mobilisation du jeudi 19 mars a marqué une nouvelle étape après le mouvement du 29 janvier. Près de 200.000 manifestants ont défilé en Bretagne selon les syndicats, et plus de 40.000 dans tout le Morbihan (Vannes, Lorient, Pontivy,Belle-Ile). Mais au-delà des chiffres, ce sont les motivations des défilés qui ont changé. Les Français n’ont pas simplement peur de la crise, ils sont désormais convaincus que la politique du Gouvernement, en plus d’être inefficace, est profondément injuste et menace directement la cohésion républicaine, la justice sociale et la solidarité territoriale.

En compagnie de plusieurs élus locaux, j’ai tenu à être à Vannes avec les quelques 10 000 personnes présentes, reflets de la diversité sociale et générationnelle de notre département : des lycéens et des étudiants, des retraités, des représentants de la fonction publique mais aussi, fait nouveau par rapport au 29 janvier, de très nombreux salariés du privé. Les mots d’ordre étaient clairs : défense du pouvoir d’achat, de l’emploi, des services publics...

Autant de motifs de mécontentement que le bouclier fiscal a cristallisés. Le Président de la République doit cesser d’utiliser la crise internationale pour masquer ses erreurs. La crise financière, économique et sociale est certes une crise structurelle à l’échelle internationale, la crise d’un système qui ne permet plus de rémunérer correctement le travail et les salariés. Mais les décisions du Gouvernement ont conduit à une aggravation de ces fractures et à un élargissement, chaque jour plus grand, du fossé économique, social et culturel, entre les plus aisés et les plus vulnérables.
L’adoption du paquet fiscal en juillet 2007 dans le cadre de la fameuse loi TEPA (Travail Emploi Pouvoir d’Achat), comprenant des mesures essentiellement tournées vers les plus fortunés de notre pays, se situe dans le droit fil des politiques ultra libérales dont l’ampleur de la crise traduit l’échec. Le paquet fiscal a de plus dilapidé des marges de manœuvre de plusieurs milliards d’euros qui seraient utiles aujourd’hui pour relancer la machine économique et préserver les équilibres financiers de notre pays. Ces mesures étaient censées créer un choc de croissance ; bien loin de cet objectif que les parlementaires socialistes avaient dénoncé comme irréaliste, elles n’ont en fait qu’aggravé les déséquilibres de la répartition des richesses. Et quand un ancien Ministre centriste de l’économie déclare publiquement « se mordre les doigts » de les avoir votées, c’est bien le signe que l’obstination du Gouvernement confine à l’acharnement idéologique.

Face à ce constat, les parlementaires de gauche doivent assumer pleinement leurs responsabilités en étant aux côtés et à l’écoute de ceux qui souffrent, en étant force d’alerte et d’opposition résolue tout en faisant des propositions concrètes pour améliorer le quotidien de nos concitoyens et renforcer notre tissu économique. C’est le sens de l’action que je continuerai de mener au Sénat, au service de tous les Morbihannais et pour le bien-être de tous les Français.