Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média mardi 6 octobre 2009.

Côtes-d’Armor Plélo. Un éleveur produit de l’électricité avec son lisier

Alain Guillaume, éleveur de porcs à Plélo, a inauguré, hier, sur son exploitation la première unité de méthanisation bretonne. Mélangeant lisier, déchets verts et industriels, l’installation produit de l’énergie.

Il aura fallu neuf ans à AlainGuillaume pour mener à bien son projet d’ouverture d’une unité de méthanisation dans son exploitation de 90 hectares au lieu-dit Tombelaine, à Plélo. Dans ce village aux75exploitations agricoles, situé sur le bassin-versant de l’Ic, retraiter le lisier pour éviter un épandage massif prend une importance toute particulière. Élevant 170 truies et nourrissant 3.200 cochons à l’année, AlainGuillaume a d’abord voulu diversifier les revenus de l’exploitation familiale pour surmonter les crises du secteur porcin. « Je voulais aussi réduire fortement les odeurs. L’environnement est, de plus, un enjeu pour les éleveurs de porcs », a-t-il expliqué, hier matin. Après de nombreux voyages, quelques ratés et des expérimentations techniques infructueuses, l’obstination a payé. L’unité est sortie de terre et a été inaugurée, hier, par Michel Cadot, préfet de région, Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d’Armor, et Odette Herviaux, vice-présidente du conseil régional en charge de l’agriculture.

La consommation électrique de 390 foyers

L’unité a coûté 900.000€ dont plus d’un tiers financé par la Région, le Département et l’Agence nationale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Par an, elle pourrait rapporter entre 200.000 et 240.000€ à l’éleveur en ne prenant qu’une heure de son temps chaque jour.
Elle peut traiter annuellement 2.800 tonnes de lisier (la production annuelle de l’exploitation d’Alain Guillaume), 1.000 tonnes de déchets verts et 1.000tonnes de graisse issues de l’industrie agroalimentaire. Déchets verts et industriels sont ainsi retraités par l’éleveur contre une rémunération. Après avoir macéré une quarantaine de jours, le mélange produit du biogaz. Celui-ci alimente un moteur produisant, chaque année, l’équivalent de la consommation de 390 foyers en électricité. De plus, les gaz dégagés par le moteur permettent de chauffer les maisons du hameau à proximité et au maximum70foyers. Après production du gaz, le reste de matière peut servir d’engrais, plus sain que le lisier.

Vingt projets en cours en Bretagne

Rien d’étonnant dès lors, à ce que des éleveurs porcins et la coopérative du Gouessant, à Lamballe, se montrent très intéressés par le biogaz. Venu saluer l’exploitant, Michel Cadot, préfet de région, a toutefois précisé :« Pour l’État, le bilan de cette expérimentation dans les premiers mois va être essentiel ». Près de vingt projets de tailles diverses sont financés ou en cours d’achèvement dans la région mais le préfet prévient : « Il faut bien choisir le modèle pour en assurer la rentabilité car ce ne sera pas partout une solution miracle ». Du côté de l’Ademe, Gilles Petitjean, dirigeant régional, se veut offensif : « Le but est d’arriver à 100 installations par an en Bretagne ». Reste à réduire le temps de constitutions des dossiers. Il faut aujourd’hui 30 mois pour réaliser ce type d’installation en France contre huit en Allemagne, d’où vient le procédé mis en oeuvre à Plélo.

Nicolas Auffray