Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Parti Socialiste > Fédération du Morbihan mardi 18 novembre 2008.

Congrès de Reims

Je suis rentrée très déçue et surtout très en colère du Congrès de Reims et c’est pourquoi je tiens à vous faire part de mes premières réactions, à vous tous qui allez devoir voter jeudi.
Comme vous surement, je regrette l’image que nous avons donné de notre parti : des congressistes qui à l’image de leurs leaders ne s’écoutent pas, qui parfois ne se respectent même plus et semblent en fin de compte se tromper d’adversaire en stigmatisant l’un ou l’autre plutôt que de faire front uni contre la politique menée par Sarkozy et « son » gouvernement.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, dans ces « journées de dupes », il n’y a pas comme certains se plaisent à le dire, les anciens d’un côté et les jeunes de l’autre. Ce n’est pas une question de génération. Dans les « supporters » de chacune des motions, on retrouvait toutes les tranches d’âge. Il n’y a pas non plus ceux qui sont plus à gauche et ceux qui sont plus au centre car au-delà des termes traditionnels, cent fois répétés par tous les orateurs tels que : couches populaires, ouvriers, antilibéralisme etc… rien de concret, rien de nouveau et surtout rien de clair sur : quelle Europe ? Quelles mesures pour améliorer le quotidien du plus grand nombre ? Quelle nouvelle organisation de l’Etat ? Quelle réforme des finances pour mieux répartir la richesse ? etc…
Alors derrière les mots, les mots faciles, les mots creux, il faut chercher la réalité des actes.
Il y a ceux qui depuis 5, 10 ans, souvent plus, se battent sur le terrain, ceux qui élus ou non dans leur commune, leur département, leur région, rencontrent les associations, les syndicats, qui en font partie ou participent à leurs actions et font ainsi progresser nos idées de gauche par la persuasion, le débat et surtout par leur exemple de travail, de fraternité de tolérance et d’engagement avec certes parfois des compromis mais sans jamais de compromission.
Et puis il y a ceux qui estiment pour plusieurs raison que le parti leur doit quelque chose, qui revendiquent « une bonne place » parce qu’ils connaissent bien le système, même s’ils ne se sont jamais « coltiné » les campagnes de terrain, ceux qui ont toujours « grenouillé » dans d’anciens cabinets ministériels ou auprès de grands leaders et qui ont le toupet de se présenter comme des victimes du parti qui ne reconnaitrait pas leur juste valeur. Apprendre auprès d’un élu est une très bonne école mais il faut ensuite faire ses preuves !
Non, chers camarades, il n’y a pas de « génération spontanée » en politique et même si je ne souhaite à aucun d’entre nous de devoir faire ses preuves pendant 20 ans dans l’opposition avant de pouvoir être élu localement, je continue de penser qu’un passage par le terrain et surtout la bonne connaissance de son territoire sont des garanties d’efficacité pour la progression de nos idées.
Ce vrai militantisme désintéressé, je l’ai rencontré partout dans notre département et même ailleurs, lors de soirées festives comme dans des séances de travail, dans nos débats comme dans notre congrès, c’est pourquoi, à la veille de ce vote important je vous fais confiance : les militants vont décider et c’est surement mieux comme cela, c’est la vraie démocratie !
Quant à moi je ne donnerai pas de consigne de vote pour le national. Dans un tel contexte, je me refuse à cautionner ceux et celles qui n’ont pas su faire passer l’intérêt du parti et des Français avant le leur, même si personnellement je reste fidèle au mandat que les militants nous ont donné lors du Congrès départemental : « respecter le vote des militants ». Ce sera encore plus vrai après jeudi ou vendredi.
Je reprends donc ma liberté par rapport à mon engagement de motion. Je préfère rester en marge des décisions parisiennes arbitraires pour me recentrer sur mes engagements régionaux et départementaux pour continuer à travailler efficacement à nos futures victoires.
Et pour toutes ces raisons, je soutiens la candidature de Gwendal Rouillard au poste de Premier secrétaire départemental.

Odette Herviaux