Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito vendredi 20 juin 2008.

Communiqué de presse

Odette Herviaux Sénatrice du Morbihan Vice-présidente du Conseil régional de Bretagne

Après un vif débat, la majorité sénatoriale UMP a voté mercredi 18 juin la suppression de la reconnaissance des langues régionales que l’Assemblée nationale a récemment votée. En première lecture du projet de révision constitutionnelle sur les institutions, les députés avaient adopté le 22 mai un amendement selon lequel « les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la France.

Alors que la rédaction proposée constituait un compromis permettant d’avancer sur le plan de la promotion des langues régionales, qu’elle ne portait aucune atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français, la majorité sénatoriale a une nouvelle fois fait preuve de son conservatisme étroit.

Odette Herviaux, Sénatrice du Morbihan, condamne fermement les propos du parlementaire qui a affirmé qu’ « il existe un parti ethniciste qui veut que l’on introduise cette mention dans la Constitution, afin de contraindre la France à ratifier la Charte des langues régionales » et tient à redire simplement que tout ce qui est excessif est insignifiant.

En Bretagne, comme dans de nombreuses régions à forte identité, la reconnaissance et la promotion des langues régionales représentent non seulement un atout culturel et social considérable, mais aussi une véritable chance de développement économique. La pratique de plusieurs langues, la maîtrise de plusieurs cultures, la valorisation d’un ancrage local sont autant de facteurs reconnus pour favoriser l’épanouissement personnel, l’ouverture au monde, l’acquisition d’autres langues, et donc une intégration plus réussie dans le monde globalisé d’aujourd’hui.

Ce qui est en jeu, c’est la reconnaissance officielle de la diversité culturelle et linguistique de la France. Cette question est traitée à l’échelle de l’Europe de manière régulière depuis une quinzaine d’années, et les avancées vers la reconnaissance de la pluralité culturelle au sein des États européens sont avant tout vécues comme des avancées démocratiques, malgré ce que certains parlementaires ont pu laisser croire.

Le groupe socialiste du Sénat a donc voté contre cette suppression et continuera à œuvrer sans relâche pour que les langues régionales trouvent toute leur place dans une République une, indivisible, décentralisée et apaisée.