Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Edito jeudi 11 décembre 2008.

Budget 2009 : les plus vulnérables à nouveau pénalisés par le gouvernement !

Avec mes collègues sénateurs du groupe socialiste, j’ai voté contre le budget proposé par le Gouvernement Fillon. Au-delà des réserves et des désaccords, au-delà des propositions formulées et auxquelles le gouvernement et sa majorité sont restés sourds, nous avons tenu à marquer notre profonde opposition avec une UMP sénatoriale de plus en plus injuste et rétrograde.

Nous avons condamné l’amendement du sénateur UMP Philippe Marini, rapporteur général de la commission des finances, sur la déduction fiscale des pertes boursières en 2008. A l’heure où la crise économique pénalise surtout les plus vulnérables des Français, l’adoption de cet amendement aurait constitué un signal inacceptable envoyé par l’Etat à l’égard des millions de Français qui ne disposent que de leur force de travail pour survivre.

Nous nous sommes élevés avec force contre un autre amendement du rapporteur général dont l’adoption, dans la nuit de mardi à mercredi derniers, a conduit à la suppression de la demi-part des personnes seules ayant élevé un enfant, alors même qu’il s’agit de bataillons de femmes qui ont travaillé pour le pays et qui sont trop fréquemment les victimes économiques des séparations parentales. Cette demi-part constituait un outil de solidarité qui leur permettait souvent de ne pas être imposable et de pouvoir bénéficier en conséquence d’une petite réserve d’argent pour la poursuite de l’éducation de leurs enfants.

Nous avons enfin dénoncé le désengagement de l’Etat vis-à-vis des collectivités locales, qui crée un véritable climat de défiance alors que les collectivités rendent des services de plus en plus importants aux citoyens, et que leurs investissements représentent 73% de l’investissement public. Le gouvernement a ainsi multiplié les transferts de charges tout en diminuant les dotations et en affaiblissant gravement les mécanismes de redistribution, outils pourtant essentiels pour un aménagement équilibré et durable du territoire national. Là aussi, ce sont les communes, les départements et les régions les plus pauvres qui seront le plus touchés.

Sans aucun effet sur le dynamisme économique ou l’équilibre budgétaire, les politiques du gouvernement conduisent à multiplier les cadeaux aux plus aisés et à accroître la pression sur les plus modestes. Ces remises en cause permanentes du pacte social et républicain, fondement de la République, constituent de graves fautes politiques et morales témoins d’un état d’esprit qui sacrifie la solidarité sur l’autel des intérêts personnels, la sincérité des engagements sur celui des choix idéologiques.

Odette Herviaux