Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > A travers les média mardi 18 novembre 2008.

Bretagne. Un avantage théorique à Aubry

Après l’appel de Bertrand Delanoë à voter pour Martine Aubry, la logique arithmétique voudrait que la maire de Lille arrive, jeudi soir, en tête en Bretagne. Mais prudence, parce qu’au PS la logique est parfois déroutante.

Avec entre 29 et 41 % des voix, la motion de Delanoë-Hollande l’avait largement emporté le 6 novembre dernier dans les quatre départements bretons. Martine Aubry affichait, elle, entre 12 et 23 %. Logiquement donc, l’addition des suffrages de l’une et l’autre motion devrait placer, jeudi, la maire de Lille devant Ségolène Royal en Bretagne (entre 20 et 27 %). « Depuis l’appel de Delanoë, ceux qui étaient sur la motion A sont sans état d’âme », assure Marylise Lebranchu, très proche de la maire de Lille. C’est le cas de la « delanoïste » Patricia Adam, député du Finistère : « Je pense que beaucoup d’entre nous rejoindront Martine Aubry, c’est la conception du parti qui en jeu ».

La bataille des soutiens

Pour autant, les soutiens de Martine Aubry se gardent bien de tout pronostic. La participation médiocre au premier tour les incite à une prudence de Sioux. « Je pense qu’il y aura une très forte tentation des "ségolâtres" qui ne sont pas venus au premier tour de venir au second, mais il peut aussi y avoir une mobilisation de ceux qui pensent que Ségolène Royal liquiderait le PS », explique Jean-Jacques Urvoas. Au petit jeu des soutiens, la bataille sera intense jusqu’à jeudi. La position de Jean-Yves Le Drian, le président de la Région, pèsera évidemment d’un poids non négligeable. Il devrait annoncer son choix aujourd’hui ou demain. Un de ses lieutenants, Gwendal Rouillard, le patron de la Fédération du Morbihan, vient de dire qu’il se ralliait à l’ancienne candidate à la présidentielle. Une position qui sera probablement également la sienne. On rappellera que Jean-Yves Le Drian avait appelé à un rapprochement entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë dont il a soutenu la motion.

Ne pas en rajouter

Que feront, par ailleurs, les nombreux delanoïstes des Côtes-d’Armor, à commencer par Claudy Lebreton, le président du conseil général ? Il y a aussi ceux qui ne prendront pas officiellement position. Après le spectacle offert à Reims, ils ont choisi de ne pas en rajouter. C’est le cas de Norbert Métairie, le maire de Lorient, de Bernard Poignant le maire de Quimper ou d’Odette Herviaux, sénatrice du Morbihan. Quant à François Cuillandre, le maire de Brest, il devrait se prononcer aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, les soutiens ne feront pas tout. Benoît Hamon en dispose de très peu en Bretagne, ce qui ne l’a pas empêché de faire un très joli résultat le 6 novembre dernier. Ce sont les militants qui en dernier ressort décideront. Que pèsera sur leur choix le déroulement cahoteux du congrès de Reims ? Mystère.

Source : Le Télégramme - mardi 18 novembre 2008