Odette Herviaux
Sénatrice du Morbihan

Vice-Présidente
de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Vice-présidente
du Groupe d’étude Mer et Littoral

Accueil > Travail parlementaire > Environnement jeudi 3 février 2011.

Au nom des Océans


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J.Girardot-FondsTara Le 24 janvier dernier, Odette Herviaux, Sénatrice du Morbihan et Vice-présidente de la Commission de l’Économie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, a présidé un colloque international consacré à l’expédition TARA OCEANS, une goélette partie de Lorient, son port d’attache, en septembre 2009 pour un tour du monde de 3 ans et 150000Km, afin de recenser et étudier la biodiversité marine. Organisé dans l’enceinte du Palais du Luxembourg, cet événement a permis de dresser le bilan de la première étape de ce projet hors normes et de préciser ses perspectives de développement jusqu’au retour du bateau dans le Morbihan, prévu en décembre 2012.

Sur une planète bleue couverte à 70% d’océans, l’homme est aujourd’hui parvenu à la limite de leur exploitation. Comme le soulignait déjà un rapport de l’OPECST en 2008, “ la biodiversité marine est une richesse, un capital naturel stratégique dont on ne commence que maintenant à percevoir le caractère précieux, unique et pour tout dire irremplaçable ”. C’est notamment cette conviction qu’Odette Herviaux s’attache à promouvoir au sein de la Commission de l’Économie du Sénat et des différentes instances où elle représente la Haute Assemblée (Agence des Aires marines protégées, France AgriMer, Grenelle de la Mer).

crédit photo : J.Girardot-FondsTara

Le plancton océanique produit en effet 50% de l’oxygène que nous respirons et représente 98% de la biomasse océanique, encore largement inconnue à ce jour. Pourtant, depuis plusieurs années déjà, de nombreux bouleversements écologiques fragilisent gravement la richesse de la vie marine, accélérant et amplifiant par là-même les dérèglements de l’ensemble des écosystèmes de la planète : qu’il s’agisse du changement climatique, des pollutions, de la réduction de la diversité biologique, ou bien encore de l’acidification des océans. Rappelons à cet égard que les océans doivent absorber chaque jour plus de 25 millions de tonnes de carbone et que la pêche continue à jouer un rôle alimentaire fondamental pour un milliard d’êtres humains.

Au-delà de l’enjeu environnemental, il s’agit bien en l’occurrence de repenser les espaces littoraux et maritimes comme de véritables leviers de développement durable, territoires d’innovation, de création d’emplois non délocalisables et de haute valeur ajoutée, de rapports renouvelés avec les milieux et les espèces. Les océans et les mers se présentent en cela comme des immensités certes vulnérables mais se révèlent aussi des lieux “ d’apprentissage, de dialogue et de conciliation ”. À cet égard, les accords – certes parfois insuffisants – obtenus au terme des conférences onusiennes de Cancun et plus encore de Nagoya constituent des progrès particulièrement encourageants.

De gauche à droite : Jean-Pierre Thébault - Ambassadeur délégué à l'environnement, Françoise Gaill - Directrice de l'Institut Ecologie et Environnement du CNRSM.- crédit photo Puiseux / Fonds Tara
Jean-Pierre Thébault - Ambassadeur délégué à l’environnement, Françoise Gaill - Directrice de l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS. Crédits photo : M.Puiseux / Fonds Tara

Projet officiel de l’Année internationale de la Biodiversité, soutenu par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), labellisé “ Club des explorateurs ” du Grenelle de la Mer, cette opération est le fruit d’une innovante dynamique collaborative entre les principaux acteurs publics et privés de la recherche. TARA rassemble ainsi une équipe internationale et multidisciplinaire inédite, associant plus d’une centaine de scientifiques de sept pays différents, représentant plus de douze domaines de recherche (océanographes, biologistes, généticiens, physiciens). Il convient de souligner ici, à partir de l’engagement pionnier d’agnès b. et de son entreprise, la mobilisation de cinquante laboratoires de très haut niveau à travers le monde, du CNRS, de l’IFREMER, de l’ADEME, de fondations d’entreprises, de collectivités locales, au premier rang desquelles la Région Bretagne et CAP l’Orient, de ministères et d’organisations internationales. En outre, dans le cadre d’un partenariat entre l’académie de Rennes, le CRDP de Bretagne et TARA, plus de 2 000 élèves de 60 établissements bretons suivent le périple du bateau.

Cette expédition offrira une vision globale du fonctionnement des écosystèmes marins et de leur rôle dans la régulation du climat. En l’espèce, TARA OCEANS nous permettra donc d’anticiper les grands défis que l’Humanité devra affronter au cours des prochaines décennies et des prochains siècles, pour donner vie et réalité à cette réorientation responsable de notre modèle de développement, dans l’intérêt général des populations et des territoires de la planète. Pour toutes ces raisons, l’expédition TARA OCEANS, qui revêt un caractère scientifique, pédagogique, culturel et citoyen, mérite l’engagement de tous.

de gauche à droite : Eric Karsenti - Co-directeur de Tara, Alain Fuchs - Président du CNRS, Odette Herviaux, Etienne Bourgois - Co-directeur de Tara, directeur général d'agnès b.
De gauche à droite : Eric Karsenti - Co-directeur de Tara, Alain Fuchs - Président du CNRS, Odette Herviaux, Etienne Bourgois - Co-directeur de Tara, directeur général d’agnès b.
Crédits photo : M.Puiseux / Fonds Tara